La startup belge Take Eat Easy a déposé le bilan en août 2016, laissant sur la paille 160 employés et près de 2 500 livreurs en France. Des anciens coursiers rennais ont décidé d’attaquer en justice cet ancien service de livraison de repas.

Take Eat Easy
© Take Eat Easy

Les conditions précaires des livreurs de Take Eat Easy

Vincent Poulain, 25 ans, fait partie de ces 50 autres anciens livreurs à vélo qui ont travaillé pour le compte de Take Eat Easy à Rennes. Ils réclament aujourd’hui justice après avoir été laissés sans sou du jour au lendemain quand l’entreprise a laissé la clé sous la porte. Pour être recruté, il a fallu à Vincent remplir un formulaire d’inscription suivi d’un rendez-vous pour une formation théorique et pratique de 4 heures avec d’autres candidats. Le lendemain, il commence son travail de livreur sans signer aucun contrat de travail. Le retard sur les livraisons entraîne des pénalités. D’après certains témoignages, il arrive aux coursiers d’avoir des accidents en essayant d’éviter le retard.

Pourquoi recourir au Conseil de Prud’hommes ?

Le 26 juillet, Vincent et ses camarades ont reçu un mail de l’entreprise leur annonçant l’arrêt d’activité de celle-ci pour cause de cessation de paiement. Dans son cas, l’entreprise doit 5000 euros à Vincent. Mais la véritable motivation de son recours chez le Conseil de Prud’hommes (juridiction qui se charge des litiges sur le droit de travail) est de créer une sorte de jurisprudence afin que ces sociétés qui emploient des personnes dans des conditions précaires et dans un cadre de salariat déguisé puissent être sanctionnées à l’avenir. Leur première audience aura lieu 7 juin 2017 à Paris.

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