En crise depuis le début de l’année, le groupe breton Arkéa et sa maison-mère Crédit mutuel avance inévitablement vers la scission. Ce sera l’issue d’une bataille engagée depuis quelques années qui met au bras de fer les dirigeants, les syndicats et le collectif de salariés. Si le divorce est consommé, la question est de savoir si Arkéa pourrait survivre sans la marque Crédit Mutuel. Toutefois, avec ses 4,2 millions de clients, il y a de quoi faire valoir son indépendance.

La procédure de désaffiliation lancée

Le bras de fer s’accélère quand Arkéa a entamé sa procédure de « désaffiliation unilatérale » de la Confédération Nationale de l’ensemble mutualiste (CNCM) que le groupe compte soumettre à son assemblé générale prévu le 16 mai. Ce projet a obtenu un plébiscite des caisses locales. Crédit Mutuel contre-attaque en disant que celui-ci n’a aucune portée juridique. Jusque là, les dirigeants du groupe breton persistent et signent pour leur indépendance tandis que ceux strasbourgeois veulent maintenir Arkéa dans son sillage. Après quoi, la Confédération Nationale indique dans un communiqué qu’elle exercera toutes les voies de recours légales pour annuler cette initiative de désaffiliation.

Une voie de scission très énigmatique

En s’engageant vers la voie de scission, Jean-Pierre Denis, président d’Arkéa compte coûte que coûte s’émanciper de Crédit Mutuel. Une option que certains jugent de « suicidaire » dans un contexte où la plupart des entreprises optent pour la fusion afin d’asseoir leur domination. De l’autre côté, d’autres factions, dont les caisses locales, estiment que l’indépendance pourrait faire d’Arkéa une puissante banque mutuelle de la région, et de la France toute entière. Pour le moment, la situation est dans l’impasse et met les pouvoirs publics dans l’embarras. Ce qui semble être un conflit interne avance inexorablement vers un problème d’intérêt public. En effet, les conséquences commerciales et prudentielles d’une telle scission sont à prévoir.